MAX Wellness

EP.53 - 93 ans de vie : une conversation avec mon grand-père sur ce qui compte vraiment

Dr Maxime Lavoie, chiropraticien

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Aujourd’hui, c’est un épisode un peu différent.

Je me suis assis avec mon grand-père, Gérard Lavoie, qui aura bientôt 93 ans, pour une conversation simple, humaine et intemporelle.

On parle de son enfance à Montréal dans les années 30–40, d’une époque où les chevaux livraient la nourriture, où la vie était plus lente, plus communautaire… et profondément différente.

On plonge aussi dans ses souvenirs de la guerre, sa vision de la santé, de la famille, de la spiritualité… et surtout, de ce qui compte vraiment avec le recul du temps.

Ce n’est pas un épisode structuré comme les autres, mais plutôt un moment à part — rempli d’histoires, de mémoire et de sagesse vécue.

J’espère que cette conversation vous touchera autant que moi.

Bonne écoute!  :)

00:00 — Une autre époque : chevaux, marché Maisonneuve et vie simple
 02:20 — Montréal dans les années 40 : une vie plus lente et communautaire
 04:45 — La guerre : peur, mariages et blackouts
 06:00 — Grandir pendant la guerre : journaux et prisonniers
 08:15 — Une vie active : sport, mouvement et discipline
 09:10 — Le pouvoir du sourire
 12:00 — Vieillir et s’adapter physiquement
 13:15 — Qi Gong, respiration et présence
 14:00 — Alimentation simple et sans excès
 14:30 — Regarder les nuages : retour à l’essentiel
 15:10 — Une enfance créative sans technologie
 16:30 — Foi, épreuves et résilience
 17:25 — L’amour, le couple et les épreuves
 18:00 — Le bonheur : “c’est vous autres”
 19:50 — “Tout s’arrange” : philosophie de vie
 21:40 — Lâcher prise sur le stress
 23:40 — Être parent : confiance et présence
 25:30 — Le monde d’aujourd’hui et le manque de bonheur
 26:30 — Les beaux côtés du monde moderne
 28:45 — Corps, respiration et état d’esprit
 30:15 — Peur, médias et futur
 31:50 — De quoi est-il le plus fier
 33:20 — Message aux prochaines générations
 33:50 — Ses principes de vie
 35:00 — Comment il souhaite qu'on se souvienne de lui

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C'était une vie complètement différente. Moi, je me souviens, quand j'étais jeune, dans les années 39-40, il y avait le cheval et la voiture qui venaient au marché Maisonneuve pour vendre ses fruits et légumes. Et puis les gens partaient se voir de Saint-Léonard, de l'Assomption. C'était fantastique de voir ça. Tout était cultivateur, puis les fruits et les légumes qui étaient tellement frais

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et tellement bons. C'était réellement agréable. Bonjour tout le monde. Bienvenue à Maxwell Ness. Aujourd'hui, c'est un épisode très spécial pour moi. Je reçois mon grand-père, Gérard Lavoie, qui aura bientôt 93 ans. On parle souvent de santé, de performance, de longévité sur le podcast, mais aujourd'hui, j'avais envie qu'on ralentisse. On parle de vie, de mémoire, de souvenirs, de ce qui compte vraiment avec du recul dans le temps. C'est une conversation qui se veut simple, intime, que j'avais envie de préserver et de vous partager. J'espère sincèrement que vous allez l'apprécier autant que j'ai eu du plaisir à l'enregistrer. Bonne écoute. Salut, grand-père. Je suis content de t'avoir avec moi. Ça faisait plusieurs moments que ça me venait en tête. Je pourrais inviter mon grand-père. On a souvent des bonnes discussions quand on se voit. Je trouve que t'es quelqu'un qui est très connaissant, très allumé. C'est beau à voir, maintenant, bientôt 93 ans. Quand je pense au podcast Max Wellness, le volet de santé globale, d'épanouissement, de longévité, mais de bonheur aussi, c'est quelque chose qui fitait très bien. J'ai dit, écoute, on se set une date, on va avoir une discussion. Je trouvais que c'était un beau leg aussi d'avoir voir cette discussion-là, d'immortaliser ce moment-là d'une certaine façon. Je pensais à mon fils, Roméo, qui allait pouvoir réécouter ça plus tard, les petits-enfants. Fait que je suis vraiment très heureux. Merci d'être venu à ma rencontre aujourd'hui. Je suis très fébrile aussi par rapport à cette discussion-là, que je veux qu'on garde naturelle, mais vraiment, c'est ça. Merci et bienvenue. Ça me fait plaisir d'être ici. Merci. Depuis tantôt qu'on parle aussi, en se rendant ici et tout, puis j'ai déjà eu une belle leçon d'histoire sur différents trucs, puis c'est fascinant de voir à quel point, ne serait-ce que notre petit chemin de quasiment 7 minutes se rend ici, de où est-ce que tu habites, puis à quel point, à Montréal, les choses ont changé et que tu te rappelles de chaque détail. Moi, je trouve ça fascinant à chaque fois que je suis avec toi et que je te côtoie, de pouvoir échanger sur la réalité de jadis versus aujourd'hui. Puis ce serait même ça un petit peu ma première question, je dirais. À quoi ça ressemblait le monde quand tu étais jeune versus aujourd'hui, pour les

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auditeurs? C'était une vie complètement différente Moi, je me souviens, quand j'étais jeune, dans les années 39-40, il y avait le cheval et la voiture qui venaient au marché Maisonneuve pour vendre ses fruits et légumes. Et puis les gens partaient soit de Saint-Léonard, de l'Assomption, puis c'était fantastique de voir ça, tous les cultivateurs, puis les fruits et les légumes qui étaient tellement frais et tellement bons. C'était réellement agréable. Et puis je me souviens aussi, on allait livrer pour les dames quand ils venaient faire leur épicerie, en arrière de la rue Le Tourneux, qui est la rue voisine du marché Maisonneuve, où il y avait le forgeron qui ferait les chevaux, tu sais, avec son grand toglier de cuir, tu sais. Ou dans la ruelle, en arrière de chez moi, quand le monsieur passait au banc de la glace avec son cheval pis les voitures. Et nous, quand il cassait la glace, il en restait des petits morceaux, pis nous autres, on prenait ça pis on mangeait, on fussait ça, tu sais, c'était tout un autre

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monde. Tu sais, il faut à quel point ça l'a changé, hein? C'est ça que je trouve fascinant à chaque fois qu'on se promène, ou même tantôt, comme tu me disais, vous habitez quand tu étais petit, là, sur la rue Bennett, tout près d'ici, en fait. Exactement. Puis de voir un peu comment ça a évolué. La vie est un peu plus, comment

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je dirais, slow, d'une certaine façon. Plus calme, oui. Oui, parce que le soir, en fin de compte, on n'avait pas d'éclairage. On a de l'éclairage, c'est sûr, là. Mais c'est comme quand on va dans un chalet, les vieux chalets, puis la lumière, on dirait qu'elle n'éclaire pas, là. Tu sais, c'est comme une faune, là, tu sais. Mais c'est un peu ça. Mais là, 9h30, 10h, les gens étaient tous couchés. Ils sortaient sur la rue, il n'y avait pas personne. D'ailleurs, aussi, la rue, ils la nettoyaient. Quand il y avait la neige, ils faisaient tout simplement pour pouvoir pousser sur le bord du chemin, du trottoir. Puis nous, je me souviens, quand on allait à l'école, on marchait sur ça pour aller à l'école. On se faisait un chemin sur le bord de neige. Puis les patinoires, on nettoyait notre patinoire avant de jouer sur la glace. Des fois, il y a eu des tempêtes de neige, on était tous équipés pour nettoyer la glace pour pouvoir jouer notre partie de hockey. C'était ça.

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Il y avait un volet quand même aussi communautaire beaucoup. J'ai l'impression que les gens étaient peut-être, de ce que tu me racontes là, de ce que j'entends souvent, les gens se connaissaient, s'entraidaient. Exactement. J'imagine qu'il y avait des grandes épreuves à ce moment-là. Tu me parles justement de la guerre. Quels sont les genres de grandes épreuves ou les grands tournants que tu as pu vivre?

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Les grandes épreuves de ce temps-là, ce qui est arrivé, c'est que moi, quand j'ai commencé l'école, premièrement, quand la Deuxième Guerre mondiale a commencé, c'est quand le ring a attaqué, parce qu'il avait déjà attaqué l'Autriche. Ils n'avaient plus possession d'Autriche. Mais la guerre s'est déclarée quand ils ont attaqué la Pologne. C'est là que les Anglais ont... M. Churchill a déclaré la guerre. En fin de compte, avec la France. Et puis... Mais c'est ça, ça en était, les épreuves. Comment ça

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s'est manifesté

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ici? Ici, bien, les peurs. Les gens, bien, ça s'est marié. Tout le monde s'est marié parce que s'il était marié, il n'était pas appelé pour l'armée. Qu'est-ce qu'il y avait? Le stadium. On appelait ça le stadium au coin de Délors. premier pour Ontario, c'était là que les Royaux jouaient au baseball. Et puis là, c'est là qu'il y a eu des mariages. Je n'ai jamais pu comprendre comment ça se fait qu'ils ont permis ça, qu'il y a eu des mariages quand tu savais définitivement qu'il était pour avoir la guerre, qu'il était pour être appelé. C'était pas facile. Les gens étaient inquiets, réellement inquiets. Il y avait aussi des, qu'est-ce qu'on appelle des blackouts, qui éteignaient toutes les lumières s'ils avaient surveillé pour des préparations pour se faire

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attraquer. Tu avais quel âge dans Moi,

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je suis né en 1933. La guerre a commencé en 1939. J'avais 6 ans. De 1939 à 1945, j'avais 12 ans. Je voyais plus. Mon père travaillait pour un journal de Montreal Star. Il rapportait le journal chez moi. Moi, je surveillais la guerre pour ça parce qu'il y avait tout un croquis dans le haut de la page, la première page, les avancées et les réculents, les alliés contre les Allemands. On suivait ça de près. Quand on m'a À part ça, moi, j'allais me baigner avec mes amis sur le Saint-Hélène, où est la ronde présentement. C'était comme un genre de petit lac. Mais là, c'était une place qui s'appelait Montreal Swimming Club. Il y avait des tremplins aussi de trois étages de haut. Sur un quai, puis on a plongé en bas de ça, nous. Puis on s'amusait bien, puis on allait là. Puis quand on traversait le pont, on voyait sur un côté où il y a le phare actuellement, le phare qu'on appelle le phare sur le Saint-Hélène, on voyait les prisonniers allemands qui étaient là. C'était un camp où ils étaient surveillés, les gens-là. On les voyait, ils couraient, ils jouaient à la balle. Ils étaient prisonniers. Après ça, on a rencontré aussi des messieurs qui étaient avec leur petite cabane sur le pont pour surveiller avec leur carabine pour pas qu'il y ait quelqu'un qui soit sabotage de pont. C'était ça. On surveillait ça. Je me souviens, ici, tout près d'ici, il y avait une station pour le train qui était là. Les gens allaient, se rendaient là pour aller travailler à Saint-Paul Hermès pour construire des bombes

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et des armements. C'était tout ça. C'était

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comme ça que c'était. C'était une époque quand même. Je me souviens quand je suis allé au coin de Peel puis Saint-Antoine, où il était le CPR. Je suis allé, je me souviens d'être allé là, moi, voir mon oncle partir pour la guerre. Comme on voit dans les anciens films, à un moment donné, on voyait tous les soldats qui étaient là, puis tous les parades. que ça leur souhaitait bonne chance qu'ils s'en allaient. C'était quoi, justement, l'émotion à ce moment-là? Les gens étaient tristes. C'était triste. Quand tu étais enfant, tu t'en rendais moins compte. Tu voyais ça qui était triste.

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Les gens, est-ce qu'il va revenir? C'est pour ça que j'étais curieux. C'est des réalités complètement différentes. Personnellement, du moins, je n'ai pas vécu ça, ni même quoi que ce soit de proche de ça. J'en suis quand même reconnaissant aussi, mais je trouve ça vraiment fascinant chaque fois que je t'entends parler de ça. Je suis curieux, parce que je te trouve quelqu'un qui est très en santé aussi, puis je trouve ça fascinant que tu aies cette belle mémoire-là, à ton âge, pour voir beaucoup de gens aussi dans ma pratique clinique, plus jeunes que toi, qui n'ont pas nécessairement justement cette belle santé-là, cet épanouissement-là. Si on veut parler de santé à travers justement ces 93 années-là, moi, depuis le temps que je te connais, tu as toujours été très actif, très... Je me rappelle de toi qui fais des allers-retours du lac quand on est petit. C'est quoi pour toi, maintenant, dans cette saison-là de ta vie, être en santé?

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Pour moi, c'est le plus beau cadeau que j'ai eu de ma vie, tout jeune. Il y a une chose qui m'avait marqué. Il y avait un type qui venait à l'école avec moi et il souriait tout le temps, tout le temps, tout le temps. Je lui disais, non, ça, c'est bien. À partir de ce moment-là, je me suis mis à sourire aussi. Je voyais qu'il dégageait une joie. Il Et puis, je me suis dit que non, ça, c'est vrai. Tu sais? Et puis, c'est comme ça que j'ai commencé. Et puis, j'ai toujours été actif aussi. Très actif. Je pense que le ritalin n'était peut-être pas existant dans ce temps-là, mais s'il avait existé, peut-être que ça m'aurait été bon. Mais non, j'étais très actif dans le sport. Au hockey, à Malmol d'été. En vieillissant aussi, j'ai commencé à suivre des cours de yoga Même, j'ai fait des cours de judo, des cours de boxe. Mais là, j'ai arrêté parce que, justement, je commençais à me penser trop bon. Ah! Fait que j'ai dit non, non, non, parce que j'ai dit, il y en a toujours un qui est bien plus fort que toi. Fait que j'ai arrêté. J'ai dit, reste sur le côté docile. Mais j'ai toujours eu confiance en Dieu, tu sais. Puis quand j'ai marié ta grand-mère, c'est ça que j'ai mis ma vie entre ses mains pour la suite. Et puis, c'était un peu ça. Bon, je jouais hockey aussi l'hiver sur la rue. Et puis, on jouait, on prenait des mottes de cheval pour comme un rondel. Ah ouais? Puis, parce qu'il y avait des chevaux qui livraient, le pain, puis le lait. Puis, il y avait un concours sur les chevaux aussi. C'est un peu comme aujourd'hui, c'est lui qui va avoir le plus beau camion. Mais ça, c'était le cheval. Après ça, j'ai vu aussi, j'ai eu l'occasion de voir la première souffleuse qui est sortie de chez M. Sicard. La compagnie Sicard. Il a fait ça au coin de la rue Bennett et La Fontaine dans son sous-sol. Il a commencé là. J'étais toujours surpris de voir son entrée de garage d'annuel qui était comme à trois étages quasiment. Quand on entrait au marché maisonneuve, on allait monter au deuxième étage. À part que c'était de toute beauté parce qu'il y avait toujours des belles fleurs en papier, en soie. C'était réellement beau. Il y avait un monsieur Belzel aussi qui était sur le coin. Lui, il vendait des pigeons, des lapins, des poules. Je me souviens, on allait acheter une poule vivante. Et puis là, il a tué. Après ça, il a enlevé toutes ses plumes et tout ça. Il l'a préparé. Après ça, on s'en est allé chez nous. Mais après ça, quand tu es arrivé chez vous, il fallait que tu enlèves avec une paire de pinces parce que, tu sais, quand tu casses la plume, le bout restait pris dedans. Donc, on a arraché ça avec nos pinces.

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C'était bon. C'était frais. Tu mentionnais justement d'être super actif et tout. Puis moi, j'ai suivi ça un petit peu, la natation. La marche. La marche beaucoup. Puis ça ressemble à quoi ta routine ces temps-ci,

SPEAKER_00

justement? C'est plus difficile maintenant. C'est plus, disons que mentalement, il n'y a pas de problème. Mais pour mes... C'est mes jambes. C'est les genoux. Il ne faut pas dire que mes genoux me font mal. Ils me font mal comme ils m'ont déjà fait mal. Entre 80 et 90 ans, il y a un temps, ça m'a fait mal. Tu sais, je suis allé te voir à un moment donné. Là, je marche avec une canne parce que que dès que tu arrives à 90 ans, on dirait que ça se vient automatiquement que tu viens pour descendre la chaîne de trottoir pour arriver sur la rue. Puis si la rue est moindrement au même niveau, est trop haute ou trop basse, là, tu tombes dessus, puis là, tu n'es plus sûr de ton pied. Ça fait que c'est pour ça que c'est recommandé à partir de 90 ans de porter une canne même si on n'a pas besoin pour se sécuriser ou un déambulateur s'il faut. Jusqu'à 90 ans, je marchais longtemps, longtemps, des longues distances, j'ai toujours marché.

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C'est ça, je me souviens. Je me

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rappelle. Je faisais de la natation le matin. Je faisais de la natation tous les

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matins.

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Ce matin, tu me disais... Je faisais ça un jour par semaine. Le jour de Noël, le jour de l'An, j'étais dans la piscine. À 7h, 7h30 le matin. Et là, je vais trois

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fois par semaine. Tu me parlais aussi d'être une petite routine. Des fois, des tirements

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de Qigong. Je fais du Qigong. Actuellement encore, tous les jours, je fais du Qigong. C'est des étirements, en fin de compte. Tout se fait lentement, lentement, avec la respiration. Parce qu'autrement... Le cerveau, lui, il cherche toutes sortes de sorties. Je pense à penser à d'autres choses, mais tu ne devrais pas penser à d'autres choses. Pense à ce que tu fais là. Comme quand tu écris un examen, pense à l'examen, pas à

SPEAKER_01

côté. Exact. C'est très sage. C'est une belle pratique, effectivement, à garder. Sans tomber dans le volet technique, quel a été le rôle, je dirais même, de l'alimentation, de la nourriture dans ton quotidien?

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Est-ce qu'il y a des choses que tu fais plus attention que d'autres? Je

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mange à peu près de tout. Oui, c'est ce que je commence. C'est

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comme je te connais. Tu n'es pas dans l'excès jamais, vraiment équilibré. Je mange du fast-food comme je vais manger du excellent. Je fais attention parce que je ne peux pas retourner pour moi-même. Je fais un entretien moi-même. Je fais mon lavage moi-même. Je fais aussi un peu de détente. Quand j'ai fini mon tai-chi, des fois, je vais couper le push-up, pas beaucoup, mais il ne faut pas jusqu'à terre, par exemple. Quand j'ai fini ça, je fais du beaucoup de yoga, de détente. Puis je regarde aussi souvent le ciel, parce que je regarde les nuages. Puis les nuages nous donnent toujours de très beaux dessins. Deux choses. Chacun va voir quelque chose, un nuage, puis ça va nous faire penser à quelque chose. Les gens oublient de regarder vers en haut. Je parle pas du ciel, je parle de regarder les nuages. Qu'est-ce que la nature nous donne? Gratuitement pour

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ça. 100%, puis ça nous ramène vraiment à l'essentiel, à la nature, etc. C'est tellement facile de passer une journée sans sortir de la maison, être à l'ordinateur ou les lumières artificielles, puis savoir qu'est-ce qui est le jour ou la nuit. Je trouve qu'il y a quelque chose de vraiment intéressant à reconnecter avec la nature, ne serait-ce que de sortir dehors, prendre une marche, puis voir le ciel. Je

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trouve ça un bon truc, un bon rappel. Je pense qu'on a eu un plus beau, un plus bel jeunesse qu'aujourd'hui. Parce que dans notre temps, nous, on recevait probablement des oranges quand on recevait ça. C'était dans des grandes boîtes à bois. On se faisait aussi des go-karts avec ça. Et on prenait des ans, si on prenait un 2 par 3 ou un 2 par 4, puis on trouvait ça, puis on mettait des patins à roulettes en dessous, puis on se faisait des guides, puis on conduisait ça. Puis c'était réellement le fun, tu sais. On jouait à cacane. La cacane, c'est une boîte de conserve qu'on mettait, et quelqu'un, un bâton, on la frappait, puis c'est lui qui la frappait le plus

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loin, là, tu sais. C'est-tu créatif! C'est ça, tu sais. C'est ça, c'était pas tant soit t'asseoir devant

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la TV ou dans un jeu vidéo. Non, non, non, il y avait pas de

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TV, puis On

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pouvait suivre la partie de hockey à partir de notre cerveau. Quand tu allais dans le coin, on savait qu'il y allait dans le coin. On savait que la rondelle était là. D'après l'annonceur,

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on suivait. On suivait tout le patinoire. Tu le regardes, tu n'as pas d'effort. C'est sûr. C'est différent. C'est différent. C'est différent des époques. On disait tantôt avec les épreuves différentes aussi. Tu as mentionné tantôt, je suis quand même curieux, par rapport à travers les épreuves, tu parlais un peu du volet de la foi ou de confiance. Quel a été le rôle de la spiritualité, justement, à travers

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la vie. Ça m'a aidé beaucoup. Énormément. Oui, ça donne une discipline. Ça donne une discipline qui reste avec toi toute ta vie. Parce que j'ai passé beaucoup d'épreuves avec Pauline, ta grand-mère, si tu veux, parce qu'avec ces maladies qu'elle a eues, qu'elle a souffert, puis que je m'en ai passé un mois avec elle au clinique Mayo, au Minnesota. Puis, je suis souvent à l'hôpital parce qu'elle avait des... C'était triste de voir ça, qu'elle souffre comme ça. C'est

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ça, pour les auditeurs. Il y avait le volet du cancer du cerveau, tumeur au cerveau, ensuite

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de ça, cancer du sein, foie. Pourtant, c'est des gens qui mangeaient très, très bien. C'est des gens qui venaient sur des fermes. Les légumes connaissaient ça. C'était à peu près ça. Ça a été quoi le rôle, justement, du couple dans ta vie? Pauline et moi, c'était merveilleux. Je recommencerai demain matin. Je recommencerai toute ma vie. C'était la fin de ma vie. Je l'ai aimé beaucoup, beaucoup, beaucoup.

UNKNOWN

Merci.

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Je parle en corail, puis des fois, c'est... Oui, je comprends. Les lames me viennent aux yeux. Ça manque. Je pense qu'on a eu l'exemple pour nos enfants, qui est nul de rendre, en fin de compte. C'est de parler à qui elle n'est pas là. C'est ça que je trouve qui est triste. Elle a eu les enfants, mais

SPEAKER_02

elle n'est

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pas là. C'est un peu comme ta mère. Elle n'est pas là pour vous autres. C'est à peu près le même style. Ça, c'est une

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conscience. À la lumière de ça, justement, Comment tu me décrirais ta définition du bonheur aujourd'hui? C'est quoi pour toi le

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bonheur? C'est vous autres. C'est tous vous autres. Les petits-enfants. Les petits-enfants de beaux petits-enfants. Pour moi, c'était ta grand-mère et moi, c'était tous vous autres. Mes enfants, leurs enfants. Et là, c'est les enfants de leurs enfants que j'aime. Je n'ai pas perdu l'amour. Je l'ai pour ces enfants-là comme pour vous autres. C'est la continuation. C'est le continu. Quand tu m'annonces que... peut-être voir un beau petit bébé. J'ai hâte de voir ça, moi. J'ai hâte de le prendre dans mes bras. Tu sais, puis serrer contre moi, tu sais. J'aime les enfants. J'aime les enfants, puis je m'amuse avec les enfants, puis j'ai beaucoup de plaisir, tu sais. C'est comme ça que je les vois, puis c'est pour ça que j'ai toujours hâte de les voir, tu sais. Comme quand j'ai vu Roméo l'autre jour, puis quand je voyais, quand je voyais ton père qui s'en venait, puis juste voir ton père, comment est-ce qu'il était excité, content de voir son grand-père,

SPEAKER_01

tu sais. C'est un peu pour ça que moi, je trouvais ça, ça me touchait beaucoup de faire cet épisode-là avec toi aujourd'hui. Là, j'ai un petit Saint-Roméo, justement, mon fils de bientôt 4 ans. On attend bientôt, dans la prochaine année, un deuxième bébé. Puis c'est vraiment un changement autant dans ce qui est ma définition du bonheur pour moi, ce qui me remplit vraiment. Puis cette saison-là de ma vie, à quel point ça change mon cœur d'avoir des enfants. Puis ma mission de vie ou ma raison d'être, je trouve ça beau que tu me partages ça aussi parce qu'effectivement, avant, j'avais d'autres choses, les professions le volet, peu importe comment je pouvais m'identifier, ou le sport, le ci, le ça. Mais je trouve que d'être parent, ça change beaucoup de choses à l'intérieur. Puis ça change aussi les priorités lentement, mais sûrement des fois un peu plus abruptement que pas. Puis je suis vraiment curieux. Qu'est-ce que tu changeais que tu aurais à dire à le jeune toi de 40 ans? Qu'est-ce que t'as peut-être trop focusé, trop stressé ou trop worry

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about? Il faut pas s'énerver. Il ne faut pas s'ennuyer parce que tout s'arrange. Il ne faut jamais oublier qu'un enfant a partout son pain. Un enfant a partout son pain au foyer. Moi, j'ai eu cinq enfants. Ta grand-mère n'a jamais travaillé. Je n'ai pas eu des salaires exorbitants, mais je n'ai jamais eu de dette. J'ai passé à travers de tout avec cinq enfants. Tu sais, mes enfants ont tout bien réussi dans la vie. Très bien réussi. Mes petits-enfants, c'est tout bien aussi. Mais j'ai toujours eu confiance dans la vie. Toujours, toujours. Parce que le jour où tu perds confiance dans la vie, c'est pas facile. Tu vas pouvoir te prendre un coup pour t'annoyer. Mais j'ai beaucoup aimé ma vie. Beaucoup. Beaucoup.

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Beaucoup. Je suis content que tu me partages ça parce qu'effectivement, pour moi, des fois, je trouve qu'on... Je vais parler pour moi, mais j'ai tendance des fois à soit m'en faire trop avec des détails ou avec tous les aléas de la vie. Comme, OK, tel truc est dû pour dans une Les choses, des fois, qu'on complique inutilement, je vais dire ça comme ça, c'est un« inside job», cette affaire-là. Mais quand j'arrive et que je suis avec mon fils et que je suis en moment de présence non interrompue et que je n'ai rien en tête, c'est des fois ça le challenge. Je remets les choses en perspective et je suis comme« bon, finalement, ce qui est vraiment important, c'est ça.» La présence, la famille, pour moi, du moins, c'est ce qui est en train de changer qu'il y avait. Je ne connaissais juste pas ça. Je ne connaissais pas ça de cette façon-là. on dirait d'avoir ses propres enfants, ça change le regard, ça change le cœur positivement, comme tu dis. J'aime ta citation de chaque enfant apporte son pain, sa couleur, son lot d'émotions.

SPEAKER_00

C'est comme ça que je vois la vie. Parce que la vie arrange tout. Moi, si bientôt, moi, quand je travaillais, je changeais d'emploi, par exemple, et je changeais souvent, parce que c'était comme ça que j'avais mes augmentations de salaire. Mais je me souviens toujours d'une compagnie, je rentrais, puis là, il fallait que je... pour rendre le rapport en 10 jours ouvrables à la fin du mois. Puis je m'énervais. Puis à un moment donné, je me disais, pourquoi tu t'énerves? Ça fait 4 mois, 5 mois que tu le fais, puis avec ta date, pourquoi tu t'inquiètes encore aujourd'hui? À partir de ce moment-là, c'est fini. Tout a marché rondement. Tu sais? Tu le mets de côté, tu dis, non, non, ça va s'arranger. Tout s'arrange. Tout, tout, tout, tout. Tu couches le soir, il fait noir, mais le lendemain matin,

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tu deviens pas clair. C'est vraiment

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bon. Puis j'ai lu beaucoup beaucoup ici, beaucoup, beaucoup sur... Dale Carnegie, par exemple. Taylor. C'est Godot. C'est sur la vie. Sur la vie aussi, beaucoup. Sur la vie, d'être heureux. Comment être heureux. Tout ça. De le mettre en pratique.

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C'est quoi les

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grandes pierres qui ressortent? Je vais te donner un exemple. Tu as même donné un livre, moi, sur l'univers. L'univers, tout ça. C'est un livre qui était extrêmement bon sur la croyance de Dieu. Tu vois, en fin de compte, beaucoup, beaucoup de savants. Des grands savants. Pas du tout à rien. De d'autres, Einstein m'a mis quoi à quelque chose. Il y a quelque chose. On n'est pas là pour rien. Je ne crois pas qu'on est là pour rien. Quand tu as un déchet à la fin, tu mets tout et c'est fini. Je trouve qu'il y a quelque chose. Il faut avoir une foi dans la vie. C'est dans la vie. À ta façon. Quand tu t'en vas dans le monde, quelle plus belle place pour être dans le monde des fois. Tranquille. Au lieu de courir, courir,

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courir tout le temps. C'est ça qui me touche. beaucoup, puis ça renforce ce qui est en train de changer même, je dirais, à l'intérieur de moi, à travers la parentalité. Puis si t'avais justement un conseil, je dirais, même à donner aux jeunes pères, ce serait quoi en rétrospective? C'est

SPEAKER_00

d'avoir confiance dans tes enfants. Tu sais, de les écouter quand ils te parlent aussi. Surtout quand ils vont à une partie de hockey, de ne pas te prendre avec ton téléphone, puis de ne pas regarder ce que ton enfant fait. Tu sais, il faut que tu l'encourages. Tu sais, moi, c'est dans ce sens-là. Avec mes enfants, moi, en tout cas, j'étais très souvent Même, je peux dire, j'ai commencé à leur faire goûter le vin, ta jeune, juste avec ta grand-mère, le petit verre de riz. Mais aussi, je leur ai prêté mon auto tant qu'ils voulaient. Je leur avais dit, par exemple, j'avais rencontré, j'ai dit, vous prêtez l'auto, mais ne faites pas de fou. Si vous prenez une bière, mais pas plus que deux petites bières dans ce temps-là, parce qu'il n'y a pas de grosses bières, mais si il y a quelque chose dans cette auto-là, je vais la chercher. J'aime bien ça. J'ai dit, je vous fais compte, mais n'oubliez pas une chose. Si tu fais une connerie, s'il y en a un de vous autres qui fait une connerie avec l'auto, tu ne pénalises pas juste toi, tu pénalises les sept à la table ici. mais prêtez-le là, ça ne me dérange pas de le prêter. C'est ce

SPEAKER_01

que j'ai

SPEAKER_00

fait

SPEAKER_01

toute ma vie. C'est de garder ce lien de confiance-là,

SPEAKER_00

cette communication-là. Oui, toujours de

SPEAKER_01

la confiance

SPEAKER_00

à

SPEAKER_01

mes enfants. Puis la présence, comme tu dis, c'est surtout à ce jour encore plus avec le cellulaire. C'est facile de mélanger, je trouve. J'ai un e-mail pour le travail ou j'ai un appel, mais c'est facile de perdre cette présence-là en présence des gens qu'on aime. Puis c'est quelque chose que je travaille constamment puis que je peux voir à quel point ça peut être challengeant pour les parents de notre époque. Parlant de notre époque, est-ce qu'il y a quelque chose, justement, que tu dis des fois qui est préoccupant, que tu fais comme ça, ça ne s'en va pas nécessairement dans la bonne direction, ou pas nécessairement par jugement, ou peut-être d'appréhension de comment j'ai hâte de voir comment ça va virer de notre génération actuelle ou le monde

SPEAKER_00

actuel. Je trouve ça triste parce qu'il y a un manque de bonheur. Il manque de

SPEAKER_01

bonheur. Est-ce que tu trouves que, justement, tu as grandi dans une époque très, bon, chrétienne On se promène juste à Montréal, il y a des églises partout, puis différentes dénominations et tout. Puis autant que ça a pu être des fois dans des extrêmes, ça aussi, mais que là, on est comme dans l'autre un peu. Tu parlais tantôt de la science pure, puis là, c'est comment il n'existe rien d'autre ou des trucs comme ça. Est-ce que tu penses que justement, il y a un lien avec peut-être le shift de religion, de spiritualité?

SPEAKER_00

Je pense que c'est pour ça qu'on a beaucoup d'itinérants présentement. C'est un peu la raison aussi. Il y a ça, mais aussi il y a Il y a des gens qui sont malades aussi. Ça, il faut s'entendre. Parce que quand ils ont arrêté, quand ils ont fermé Saint-Jean-des-Dieu, ces gens-là ont tombé dans la rue. Il n'y avait pas personne pour les aider. Ça a commencé là. Il y a beaucoup de bien actuellement avec les jeunes. Parce que je regarde ça, je suis allé à un concert dernièrement, et puis j'ai vu plein d'enfants à Place des Arts. C'était plein de jeunes. C'était beau de voir ça. J'ai vu ça, tu sais, le Conservatoire de musique, l'orchestre, tout ça. C'est tellement beau, c'est tellement beau. C'est quelque chose que tu pourrais peut-être amener à Romeo à un moment donné, tu sais, pour amener Romeo pour voir ça, tu sais, des affaires de concert intéressées

SPEAKER_01

à ça. Oui, sans bon sens. On est déjà allé à un petit concert de violon, il avait bien aimé ça, dans une église,

SPEAKER_00

justement, cet hiver. C'est ça, tu vas dans des places comme ça, tu écoutes, puis il y a tellement de belles choses maintenant, aujourd'hui, qu'on n'avait pas dans le temps. C'était tellement

SPEAKER_01

sévère.

SPEAKER_00

Oui, bien ça, c'est... Pour les francophones, on souffre. Moi, je me donne un milieu, moi, anglais, un petit français. Je ne veux pas se faire ça, moi, cette affaire-là.

SPEAKER_01

Puis dans quel sens?

SPEAKER_00

C'est que les francophones, c'est tellement sérieux comparativement aux anglais. Les anglais, c'était pas... Je tolérais des choses. Je savais que ça se passait, puis c'est sûr que ça se fait ça. C'est fini. On le comprend. C'est normal. Mais la religion catholique française était sévère en maudit On n'entrera pas dans le sujet

SPEAKER_01

parce qu'il est trop chaud. J'ai des idées, des exemples, des histoires que j'ai entendues,

SPEAKER_00

toutes sortes de trucs. Ça n'a pas toujours été la vérité. C'est ça qui

SPEAKER_01

arrive.

SPEAKER_00

C'est ça qui

SPEAKER_01

m'a déçu. Énormément. Il a déçu beaucoup de gens. Je pense qu'il a ramené des fois dans une aversion complète aussi. Je trouve ça bon aussi ce que tu dis. Les jeunes, ça passe souvent par des cycles un peu, des expériences. Là, on voit les désavantages de pousser trop une chose à l'extrême ou le shadow side de cet extrême-là. Les gens retrouvent leur juste milieu. Je pense que c'est ça. On le voit se placer. En focussant, comme tu dis, sur le positif, j'aime ton exemple aussi tantôt de la personne que tu avais rencontrée qui souriait. C'est un inside job. C'est un choix qui vient avec, effectivement, une réassurance par quelque chose qui est plus grand que soi, le volet de la spiritualité, peu importe ça se manifeste comment pour les gens. Mais je trouve ça rafraîchissant, je trouve ça le fun et encourageant, ce que

SPEAKER_00

tu nommes là. Mais c'est normal que quand tu ris aussi, ça se détache. Tout ton corps se détache. C'est bien, tu sais, je suis

SPEAKER_01

bien, tu sais. Oui, c'est carrément notre posture, autant que notre posture peut influencer notre état d'esprit, notre sourire, notre...

SPEAKER_00

Je ne sais pas si tu prends un grand respire en même temps. Ah! Tu

SPEAKER_01

sais? Ça vient avec, ça vient avec. Des fois, des petits trucs, même dans du coaching, des trucs comme ça, je suis comme, écoute, tu sais, C'est juste de prendre des micro-pauses puis de resetter ça. Puis t'as beau être dans un gros... Comme tu disais tantôt, t'as un livrable à rendre puis tout. Tu mets une petite alarme dans ton téléphone. Peu importe ce que tu fais, tu stop everything. Puis là, tu fais comme, écoute, une bonne respiration, un sourire et tout. Puis ça peut shifter ton état d'esprit. Puis rendre quelque chose qui était ô combien dramatique. Attends une minute, c'est pas si grave que ça. Ça va

SPEAKER_00

bien aller. Parce que quand on était jeunes, on avait nos trucs aussi. On avait nos mauvais coups. Parce que qu'est-ce qu'on faisait? C'est qu'on prenait... Par exemple, on prenait un fil, on le prenait et on l'attachait après le balcon, jusqu'à côté de l'arbre. Et dans ce temps-là, les hommes se prenaient avec des chapeaux. Quand ils passaient, son chapeau tombait à terre et ils étaient cachés un peu plus loin pour voir rien. C'était pas vilain. C'était des cours où on mettait une sacoche à terre et il y en a qui se prenaient dans le bâcher et on tirait. C'était pas... Mais il y en a qui étaient plus... parce que des fois, ils mettaient une brique dedans. Les gars, ils croyaient à passer dans les coups de pied dessus.

SPEAKER_01

Aïe, aïe, aïe. OK, oui. Est-ce que c'était beaucoup différent d'aujourd'hui,

SPEAKER_00

justement, où est-ce que tu étais dans la rue Bennett? On n'avait pas de télévision non plus. Ça, ça a changé. Ça, ça a cassé. Ça a cassé, oui. Ça a changé tout, tu sais. Ce n'est pas ce qu'on a aujourd'hui. C'est une autre vie aussi. Là, on s'en vient avec l'intelligence artificielle. On va voir que ça va donner. C'est ça. On s'énerve de bien des choses. Les gens ont peur. Aujourd'hui, je regarde des... Je demeure, moi, c'est une classe où il y a 700 personnes, puis c'est des gens qui... T'as des personnes âgées, en moyenne, c'est pas 5 ans, c'est pas 100 ans en montant, à peu près, puis qui s'énervent, puis qui ont peur. Je comprends pas qu'ils ont peur. Je comprends pas. T'es près de la mort, puis t'as peur. C'est quoi, toi, la peur? Je veux dire, c'est la guerre. Si on a une guerre, on va pas rien faire, tout ça. Pourquoi c'est

SPEAKER_01

nerveux avant que ça arrive? C'est ça. Bien, c'est un peu ça, tu sais. Puis je crois que, comme tu dis, des fois, d'avoir confiance en la vie, d'avoir confiance que les choses vont se placer comme elles se doivent, puis le moment venu, rendu là, bien, on l'adressera, tu sais, mais, tu sais, je comprends bien. Bon, mais toi, mec, c'est

SPEAKER_02

fini.

SPEAKER_01

Ça va être différent de jadis aussi, potentiellement, à suivre, là, puis, tu sais, comme tu dis, on dealera avec quand on sera rendu là, puis si on se rend là, avec les médias, puis on s'ouvre la TV trop longtemps, ça peut s'affecter plus qu'on pense,

SPEAKER_00

là. Oui, oui, la télévision, pas

SPEAKER_01

ça,

SPEAKER_00

non, non. La télévision, ça arrive, je pense, quand tu es rendu à mon âme, parce que là, tu sais, tes jambes Je me suis dit, je vais regarder des documentaires. J'aime des documentaires, par exemple. Je vais regarder des choses positives. C'est ça que

SPEAKER_01

j'aime. C'est ça. C'est sage. Même en rétrospective, bientôt 93, de quoi tu es le plus fier

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

De

SPEAKER_02

vous

SPEAKER_00

autres. De toute ma famille. C'était la réussite que Pauline et moi, on a eue.

SPEAKER_01

C'est vous autres. C'est ça, pour moi. Ça me touche beaucoup.

SPEAKER_00

C'est profond. C'est tous mes enfants. J'ai confiance. On a toujours fait confiance. C'est comme ça que je vois ça. C'est tout bien. À mes yeux. J'ai de quoi être heureux. Même

SPEAKER_01

ma soeur me dit que j'ai de quoi

SPEAKER_00

être heureux. J'ai de quoi être heureux

SPEAKER_01

devant toute la belle famille. Je suis bien content. C'est mon cadeau. Ça me touche beaucoup que tu dises ça parce qu'effectivement, moi aussi, la parentalité, on dirait que ça a ouvert une toute autre dimension. Ça me ramène à l'essentiel ultimement. Comme je disais, des fois, c'est facile d'être éparpillé dans les stresseurs du moment ou autre, mais qu'est-ce qui compte vraiment. La famille, c'est vraiment quelque chose. C'est ça. Et être bien avec ton partenaire. Ou ton partenaire. C'est d'être bien. Ça me parle beaucoup. Parlant justement des petits-enfants et tout, quel message que tu aimerais laisser à tes arrières petits-enfants ou à Roméo et que je pense qu'il va réécouter

SPEAKER_00

ça éventuellement un jour. Qu'il y ait une belle vie comme j'ai eu à ma façon. Qu'il y ait une vie comme il y a une belle vie à ta façon. Moi, ce que je pense, c'est la continuité, d'être heureux dans ce qu'il va

SPEAKER_02

faire,

SPEAKER_00

mais pas juste l'argent. Est-ce que je suis heureux? Parce que ce n'est pas toujours l'argent qui te mène le

SPEAKER_01

plus. Si tu avais justement à résumer ta vie, les trois principes qui ont été importants pour toi, ce

SPEAKER_00

serait quoi? Premièrement, c'est ta famille, de respecter ta famille. Et puis aussi, de respecter ce que chacun veut faire. dans sa vie, de tes enfants, tu sais, de respecter ça. Et puis aussi, quand il va se marier, il rentre une nouvelle personne dans la famille, c'est de respecter eux, qu'est-ce qu'ils vont faire, tu sais, dans ce sens-là. Ah, c'est bon, ça. C'est bon, ça. Parce qu'il faut respecter tout, tu sais, parce que c'est sûr que quand je me suis marié avec Pauline, moi, il y en a qui ont peut-être passé des jugements, tu sais, mais non, c'est respecter, puis ces deux-là ont fait un

SPEAKER_02

chemin.

SPEAKER_00

Puis moi, je suis allé dans le chemin. Puis La grand-mère, les demandes étaient heureuses. Elle a dit, je suis heureux. Comme elle m'a dit, elle a dit, je ne verrai pas mon Maxime, qu'est-ce qu'il va faire. C'est ça qui l'a tué. Tu étais le premier et elle t'aimait. Je me souviens comment elle était dans la tête. Ce n'est pas possible. Il y a des histoires. J'ai des bons souvenirs. C'est ça. Je souhaite le mieux pour chacun de mes enfants.

SPEAKER_01

Comment... Comment t'aimerais,

SPEAKER_00

en conclusion, qu'on se souvienne de toi? Je passe par mes actes que j'ai faits, que j'ai laissés. Que je vais laisser jusqu'à temps que je vais être là. Garder le sourire tout le temps, puis d'être heureux,

SPEAKER_01

puis de... de jouer

SPEAKER_00

avec les

SPEAKER_01

petits-enfants, puis tout ça, tu sais. Ben écoute, c'est comme ça. Moi, c'est comme ça. C'est ce que j'ai en tête en pensant à toi, effectivement, ta présence, nos discussions, ton caring légitime. Je suis vraiment... choyé de t'avoir comme grand-père. Je suis vraiment content. Merci. Merci infiniment pour cette belle entrevue-là, mais cette belle discussion-là. Je me sens rempli. Je suis full content d'avoir fait ça avec toi. Je t'aime beaucoup, grand-père.

SPEAKER_00

J'espère que tu vas être

SPEAKER_01

encore

SPEAKER_00

avec

SPEAKER_01

nous encore

SPEAKER_00

longtemps. La seule chose que je ne peux plus te percer,

SPEAKER_01

c'est que tu es trop grand. Je vais percer ton gars. Exact. Avec grand plaisir. Merci beaucoup,

SPEAKER_00

grand-père. Merci beaucoup.

SPEAKER_01

Merci

SPEAKER_00

beaucoup. Merci. Merci beaucoup.